Une pharmacie à lui tout seul
Le célèbre phytothérapeute français Jean Valnet considérait que le millepertuis était la plus précieuse des plantes médicinales. Il n’était pas le seul. Au cours des siècles, on a employé le millepertuis aussi bien pour soigner les problèmes pulmonaires que les plaies et les blessures, ou l'insomnie et les problèmes nerveux.
On retrouve des traces de son usage à des fins médicales dès l’Antiquité (en tant que guérisseur des plaies et des ulcères). Mais c’est au Moyen Âge qu’apparaissent les premières utilisations dans son indication la plus utile, celle d’antidépresseur. À cette époque les doctes savants l’appelaient Fuga daemonium (chasse diable) car ils lui attribuaient notamment le pouvoir d'éloigner les esprits diaboliques. Or, au Moyen Âge, la dépression ou la mélancolie étaient vues comme des formes de possession diabolique.
Il faudra pourtant plusieurs siècles pour que la médecine moderne s’intéresse à cette propriété. En Allemagne, la plante est officiellement reconnue depuis 1988 comme un antidépresseur efficace. On compte par dizaines les études qui, depuis, ont confirmé cet usage. Une des dernières en date, menée en 2005, révèle que le millepertuis est plus efficace sur le long terme que n’importe quel autre antidépresseur. Avec un avantage certain sur ses concurrents synthétiques : il ne provoque aucun effet secondaire.
Au jardin, à mi-ombre
Pour pouvoir profiter au mieux de cette plante au jardin, quelques règles restent à observer. Pour avoir une plante bien fleurie de juillet à septembre, il est conseillé de la placer à mi-ombre, de lui donner un peu de crottin de cheval ou d’Or brun et de l’arroser légèrement le soir, en période de canicule afin de faire retomber la température intérieure des feuilles. Attention cependant à ne pas l’inonder : le millepertuis craint l’eau. À ces conditions, vous pourrez commencer la récolte pendant les premières semaines de l’été. Récolte que vous pourrez reprendre éventuellement en octobre, lors de la seconde floraison.
Mode d’emploi
Les parties utilisées sont les sommités fleuries et les jeunes feuilles.
Mettre quelques fleurs à infuser dans de l’huile d’olive. Celle-ci devient rouge après plusieurs semaines. Vous emploierez le mélange obtenu en compresses pour les écorchures, les plaies, les ulcères variqueux, les irritations de la peau et surtout les brûlures dont il calme immédiatement la douleur.
L’infusion pour la déprime
Faites d’abord sécher à l’abri de la lumière et de l’humidité les sommités fleuries et les jeunes feuilles que vous aurez récoltées. Pour obtenir un effet antidépresseur, infusez 15 à 30 g de plantes sèches dans un litre d'eau et buvez-en trois ou quatre tasses par jour.
Plantes & Santé Juillet 2009 - Article de Laurie Fourcade